Tenir parole

 

La Présidente de Région avait annoncé lors de son allocution à la fête patronale de Grand-Bourg le 15 août dernier qu’elle viendrait en octobre signer cette convention, et c’est une responsabilité éthique à laquelle nous tenons particulièrement à la Région Guadeloupe : celle de toujours tenir parole, seul gage de crédibilité politique. 

 

« Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action » ! N’est-ce pas avant tout l’une des qualités principales requises dans l’art de faire de la politique ? Dès lors de ne jamais sombrer ni dans la démagogie, et encore moins dans le populisme.

 

C’est en tout cas en tant qu’élu responsable ma préoccupation première : celle de parler un langage de vérité, d’engagements tenus, mais toujours dans un souci d’écoute et de proximité avec mes concitoyens.

 

Marie Galante : Tourisme ou filière canne ? 

 

Aussi, puisqu’il s’agit aujourd’hui au travers de la signature de cette convention, de promouvoir de façon concertée et cohérente le développement touristique de Marie-Galante, vous me permettrez de vous dire avec franchise ma conviction : l’avenir de Marie-Galante est étroitement lié à son développement touristique. Certes, nous devons tout faire pour préserver la filière canne-sucre-rhum – et la collectivité régionale maintiendra ses engagements pour garantir la pérennité de la filière, notamment la modernisation de l’usine –, mais aussi encourager au développement de la diversification agricole, et en particulier la polyculture-élevage, en privilégiant si possible l’agriculture biologique. 

 

Quoi qu’il en soit, force est de reconnaître que l’agriculture et la filière rhum ne peuvent et ne pourront seuls subvenir aux revenus économiques des Marie-Galantais, dans un contexte de vieillissement de la population, de dépeuplement de l’île, mais aussi d’une profession agricole de moins en moins attrayante pour les jeunes générations.

 

Le tourisme  et la crise de 2009

 

Je tiens à ce que nous ayons à l’esprit qu’en Guadeloupe, le tourisme contribue jusqu’à 60% de ses recettes d’exportation, quand on sait par ailleurs que nous n’avons pas de matières premières, et que notre secteur industriel est pour des raisons structurelles peu développé. Vous comprenez donc à quel point nous sommes convaincus de l’importance du tourisme dans le développement économique de notre archipel.

 

Et cette année 2012 constitue un excellent cru en matière de fréquentations touristiques, de l’avis unanime de tous les professionnels du tourisme. Nous avons même rattrapé et dépassé le pic de fréquentation de 2008, avant que ne survienne la grande crise sociale de 2009. Et ces bons résultats sont aussi l’aboutissement du travail acharné mené par toute l’équipe du CTIG – dont Josette Borel-Lincertin fut pendant plusieurs années et jusqu’à tout récemment la présidente –, pour promouvoir l’image de la Guadeloupe à l’extérieur et convaincre les tours opérateurs de l’inestimable attrait touristique de notre archipel.

 


 

 

Le SDAT : 7 territoires géotouristiques

 

En outre, la Région qui est compétente en matière touristique, a adopté dès 2009 son Schéma de Développement et d’Aménagement Touristique (le SDAT), qui définit les grandes orientations de développement touristique, en lien avec le développement économique et l’aménagement du territoire. Notamment, le SDAT organise l’archipel de la Guadeloupe en 7 territoires « géotouristiques » (Nord Grande-Terre, Est Grande-Terre, le Grand Centre, Nord Basse-Terre, Sud Basse-Terre, Côte sous le vent, et Marie-Galante), chacun ayant une identité touristique territoriale spécifique. 

 

Le SDAT se donne par conséquent pour ambition et pour objectifs de développer la spécificité touristique de chacun de ces 7 territoires pour en assurer leur attrait propre, tout en conservant la cohérence globale de l’archipel en matière de politiques touristiques.

 

C’est donc bien dans le cadre du SDAT que la collectivité régionale a lancé et financé un grand audit de diagnostic et de prospective touristiques sur le territoire de Marie-Galante au premier trimestre 2011 ; audit réalisé par le cabinet de consultants Aiguillage, dans le cadre d’un marché public régional. Et je tiens à saluer le professionnalisme de madame Caroline Romney, responsable d’Aiguillage, ainsi que la qualité du travail effectué, en collaboration étroite avec ma collègue conseillère régionale, Hélène Polifonte, présidente de la commission Tourisme et Continuité territoriale du Conseil régional, et des personnels administratifs de la Région en charge du tourisme et du transport.

 

Cette même ambition sera poursuivie sur les 6 autres pôles, et notamment le Nord Basse-Terre ainsi que la Côte sous le Vent, pour lesquels un audit est en cours avec Aiguillage.

 

3 communes : 3 atouts éco-touristiques

 

Mais pour l’heure, ce travail conséquent mené à Marie-Galante, aboutit aujourd’hui à la signature de cette convention d’objectifs pour son développement touristique ; travail à partir duquel ont été étroitement consultés et associés à la fois tous les élus locaux de l’île, mais aussi les socioprofessionnels œuvrant notamment dans les métiers du tourisme (transports, restaurateurs, gîtes, hôteliers, Office du Tourisme, ONF, Conservatoire du littoral, chefs d’entreprises, usiniers, agriculteurs). 

 

Tout d’abord, l’idée pertinente que chacune des trois communes de Marie-Galante a sa spécificité et ses atouts touristiques propres, qu’il conviendra de mieux mettre en valeur, en accompagnant et en cofinançant les projets prioritaires et les plus aboutis : 

 

l’écotourisme balnéaire de Saint-Louis, consistant à l’aménagement de la plage de Vieux-Fort (dont je souligne l’attractivité touristique en raison de la proximité de la mangrove et de sa découverte en pédalo et canoë), du renforcement de l’identité « plaisance » de Saint-Louis avec la finalisation des travaux d’aménagements pour la halte légère de plaisance (25 corps morts supplémentaires ainsi que le local d’accueil des plaisanciers avec Wifi, douches, téléphone), et enfin la nécessité de mieux assurer la desserte maritime de Saint-Louis par les différents armateurs, mais aussi davantage promouvoir l’identité « bleue » de cette belle commune et de son splendide littoral, pour les escales de bateaux de croisière, en étroite concertation avec l’équipe municipale et le CTIG;

 

l’écotourisme patrimonial et événementiel de Grand-Bourg. Le chef lieu concentre en effet l’essentiel du patrimoine architectural de l’île, avec ses belles maisons créoles, ainsi que l’Habitation Murat, qui accueille annuellement 60 000 visiteurs. Trois projets opérationnels sont à l’étude : une signalétique efficiente du château Murat et de la Mare au punch ; une exposition extérieure à l’Habitation Murat, intitulée « Marie-Galante vue du ciel », ainsi qu’une étude de programmation muséographique pour Murat et la Mare au punch. Par ailleurs, c’est sur le même site de l’Habitation Murat que se déroule chaque année le festival « Terre de Blues », de dimension internationale, et qui est devenu un événement incontournable de l’archipel, des Antilles, et même de la Caraïbe. Il s’agit là aussi d’assurer la promotion de ce festival à l’étranger, en l’inscrivant notamment dans le réseau des festivals de blues et de jazz internationaux, et d’améliorer son site Internet. Par ailleurs, il conviendra aussi d’imaginer pour Marie-Galante, la création de 2 autres événementiels : en tâchant d’une part de relancer la transat « Belle île en mer – Marie-Galante » qui pourrait constituer un événement sportif incontournable à côté de la Route du Rhum, et d’autre part d’imaginer un festival biennal des arts et traditions populaires (nouveaux événements qui impacteraient les trois communes de l’île) ;

 


 

La valorisation de l’écotourisme culturel de Capesterre. En effet, les vestiges précolombiens sont si nombreux sur le territoire de Capesterre, qu’il conviendrait sans doute d’envisager la création d’une « maison du patrimoine amérindien», qui serait un lieu symbolique et de mémoire fort, en écho à l’histoire de la civilisation amérindienne. Il s’agirait aussi de proposer une gamme de produits qui permettraient aux visiteurs de découvrir l’île sous un angle résolument éco touristique, notamment la création de sentiers littoraux balisés et d’interprétation du patrimoine de Marie-Galante. A ce sujet, l’on peut s’étonner de l’insuffisance de VTT proposés en location sur le territoire. La création de ces sentiers balisés pourrait être l’occasion d’encourager le développement des entreprises de locations de VTT, et autres éco transports, et tout particulièrement la voiture électrique, que pourrait promouvoir les agences de location de véhicules.

 

Une offre d’hebergement déficitaire

 

Ensuite, vous me permettrez d’insister sur l’insuffisance, tant quantitativement que qualitativement de l’offre d’hébergement sur l’ensemble du territoire de Marie-Galante. Un chiffre : Sur 100 000 visiteurs annuels que compte l’île, seulement 5000 touristes y séjournent ! Le tourisme à Marie-Galante est donc avant tout excursionniste, à la journée.

 

Il n’existerait pour l’ensemble du territoire que 750 unités d’hébergement (structures hôtelières, gîtes, hébergements chez l’habitant, villas de standing), dont le taux moyen d’occupation annuel n’est que de 40%.

 

Par conséquent, il conviendra dans les 3 ans à venir, 2012-2015, c’est-à-dire durant la durée de validité de la présente convention :

De définir une stratégie partagée en matière d’hébergement dans le but d’initier la croissance du parc d’hébergements touristiques ;

D’accompagner la création de lits d’hébergements ruraux dans une logique thématique autour des filières agrotourisme et itinérance ;

De développer une offre d’hébergement haut de gamme susceptible de capter et de séduire de nouvelles clientèles à plus forte contribution (projet d’hébergements 4 étoiles, inséré dans l’environnement et répondant aux contraintes du développement durable) ;

De qualifier les hébergements autour des labels, des classements, des thématiques et de l’écotourisme.

 

Enfin, j’insisterai sur le rôle important que joue et que doit jouer encore davantage l’Office du tourisme de Marie-Galante dans la promotion du tourisme de Marie-Galante, en partenariat avec le CTIG. Nous devons promouvoir ensemble ce beau label, né de cet audit touristique : « Marie-Galante, si vraie ! »

 

Un financement de 57 000 € est d’ores et déjà fléché pour permettre à l’Office du tourisme d’assurer un programme d’animation et de commercialisation touristique du territoire.

 

La Région pour sa part, à côté des autres cofinanceurs que sont la Communauté de commune, les trois communes et l’Europe, a déjà prévu un crédit d’interventions de 247 000 € dans le cadre des projets qui émaneront des objectifs de la présente convention.

 

Nous comptons sur la mise en place rapide du comité de pilotage, ainsi que du recrutement d’un chargé de projet, afin d’assurer l’animation, la coordination et le suivi des projets et des programmes inscrits dans le cadre de cette convention.

 

Mais au-delà de la présente convention, parce que la Région est compétente en matière de tourisme, et parce que nous sommes conscients des enjeux pour le développement économique de Marie-Galante, nous sommes prêts à étudier le cas échéant la faisabilité ainsi que le cofinancement de tout projet complémentaire et pertinent, qui contribuerait au développement touristique et économique de l’île.

 

Notamment, nous allons d’ici fin 2013 mettre en place un Service d’Intérêt Economique Général (SIEG) pour le développement du transport aérien entre le « continent » et les Îles du Sud. Enfin, pour diminuer les surcoûts pour les entreprises marie-galantaises liés au fret des matières premières, des équipements et des marchandises, nous mettrons prochainement en place l’aide au cabotage pour ces entreprises ; au plus tard d’ici le deuxième trimestre 2013.