France Antilles du 30 octobre 2012
En attaquant nos confrères de radio Guadeloupe 1ère, qui lui ont prêtés des velléités de démission du conseil municipal, Marc Tafna, premier adjoint au maire, a sans doute voulu montrer que le désordre annoncé par les médias dans la majorité municipale n'était qu'une vue de l'esprit des journalistes. Mais il n'y a pas de fumée sans feu et très vite la réalité des dissensions au sein de cette majorité sont apparues au beau milieu du conseil municipal convoqué, hier soir, une semaine après avoir été ajourné, faute de quorum.
Il n'y avait donc pas de condition de quorum pour cette nouvelle réunion, d'où la présence de la grande majorité des élus. José Toribio n'a pas manqué de les remercier. Mais par la suite, il s'attaquait violemment à certains membres de sa propre majorité. À la suite d'une intervention de Harry Wallace sur le budget supplémentaire, il n'hésitait pas en effet à les accuser de ne pas jouer leur rôle de moteur, notamment en ne faisant pas de propositions.
Fabienne Anjaric, adjointe au maire, tentera bien de faire baisser la tension en invitant le maire à faire preuve de retenue : « Ce n'est pas le moment de faire le procès d'élus » . Mais c'était trop tard. Harry Wallace, toujours très actif quand il s'agit de s'exprimer, et Mariette Tafna-Danavin, étaient déjà montés au créneau pour s'inscrire en faux contre les propos du maire.
17 ÉLUS CONTRE TORIBIO
Au fil des premiers points de cet ordre du jour qui en comptait 26, la tension montait d'un cran. Si dans un premier temps, seuls les élus de l'opposition s'abstenaient ou votaient contre, il n'a pas fallu attendre longtemps pour voir certains membres de la majorité se rebeller. Le premier à réellement mettre le feu aux poudres, après que Harry Wallace eut bien préparé le terrain, a été Gérard Ramassamy, troisième adjoint, habituellement très sage.
Le projet du maire de garantir un emprunt à la Sémag en vue de l'aménagement d'un terrain de près de 5 hectares et d'y construire des logements ne lui convient pas du tout. Il aurait préféré en faire une réserve foncière afin d'y construire des équipements qui font défaut à la commune. Pour Gérard Ramassamy, cette question mérite une discussion plus approfondie, un vrai débat. Il le dit clairement : pas question pour lui de suivre le maire sur ce terrain, même si celui-ci défend bec et ongles que la Sémag ne fera pas ce qu'elle veut sur le territoire communal. « C'est mettre la charrue avant les boeufs » que de voter cette garantie.
« Je voterai contre cette délibération. » Et c'est exactement ce qu'il a fait tout comme seize autres de ses collègues. José Toribio était ainsi mis en minorité.
Si calmes de nature, Fabienne Enjaric, 6e adjoint et José Kandassamy, 7e adjoint, ont désavoué José Toribio, leur mentor. (Claudia Belton) -
UNE MAJORITÉ FISSURÉE
Il était à nouveau mis en minorité sur un autre point qui a aussi fait l'objet d'une longue discussion : le projet de création d'un centre ouvert d'hébergement des jeunes en difficulté, à Blachon, à proximité du lycée.
Les autres points à l'ordre du jour étaient ensuite traités sans trop de difficultés puisqu'il s'agissait de dossiers sans enjeux majeurs. Mais ce conseil municipal, qui a duré quatre heures, laissera indubitablement des traces dans cette majorité municipale.