imageDans le bureau de la Bac (Brigade anticriminalité), jeudi, au commissariat central de Lafond/Les Abymes. Un amoncellement de fusils, alignés sur une table. Et à côté, un tas d'armes de poing de toutes tailles et de tous calibres. Un peu plus d'une centaine d'armes au total, que les forces de police ont sorties de la rue et des coffres de voiture ou de scooter en l'espace d'à peu près six mois de travail. Et c'est sans compter celles saisies dans le cadre d'enquêtes judiciaires.
Parmi ces armes, un peu plus d'une vingtaine, remises volontairement dans le cadre de la campagne de lutte contre la circulation des armes à feu initiée par les autorités au début de l'année. « Souvent, rendues par des femmes d'un certain âge, dont le mari est décédé et qui ne savait pas quoi en faire » , selon Éric Clamels, armurier départemental de la police nationale. Mais la majorité - « 99% » ont été confisquées lors de contrôles, routiers ou d'identité. Principalement dans la zone de sécurité prioritaire (1).
Il y a un peu de tout. Des armes longues type fusils de chasse. Certaines à canon et crosse sciés. « Des armes de braqueurs, faciles à cacher sous la selle d'un scooter et même dans les baggys. » Dans les armes de poing, pas mal d'armes trafiquées là aussi. Des pistolets d'alarme transformés. Il y a même des jouets bricolés pour tirer des projectiles de 22 LR...
TOUTES EN ÉTAT DE MARCHE
On trouve également quelques armes de collection. Il y a aussi du lourd : deux 357 Magnum. « Des armes de tir sportif. » Mais pas d'armes de guerre - fusil d'assaut type M16 ou Kalachnikov - « qui restent très rares en Guadeloupe » , précise le Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), le commissaire divisionnaire Frédéric Peyran. Même s'il y a eu une prise récente de M16.
Pour le DDSP, « c'est autant d'armes retirées de la circulation » . Toutes sont en état de marche, même si certaines sont des pétoires rouillées. En attendant d'être détruites - ce stock le sera très prochainement- ces armes sont remisées dans une armurerie ultra-sécurisée. « Celles-là, on ne peut pas les voler. »
On ne les retrouvera pas dans la rue. Pas comme toutes celles volées chez les particuliers. Le DDSP estime que 90% de ces armes longues ont été volées et environ 10% des armes de poing. « Les gens mettent ça sous le lit ou sous les armoires... » , déplore l'armurier Éric Clamels, qui rappelle qu'il faut avoir des armoires sécurisées ou des coffres-forts. Et qu'il faut séparer les armes et les munitions. »
Il rappelle aussi que les armes peuvent être ramenées tout au long de l'année au commissariat et dans les brigades. Pas seulement pendant le temps de la campagne.
(1) Pratiquement tout Pointe-à-Pitre (centre-ville, place de la Victoire, Carénage, Zamia, Mortenol, Boissard, l'Assainissement...) et quelques quartiers des Abymes (Grand-Camp, Vieux-Bourg et Lacroix).