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imageimageSALON ENERG’ILES

30 MAI AU 1er JUIN 2013

COLLECTIVITE TERRITORIALE DE CORSE 

 

DISCOURS DU 1er VICE-PRESIDENT

DU CONSEIL REGIONAL DE GUADELOUPE

M. JOCELYN SAPOTILLE 

Intervention du jeudi 30 mai 2013

REGION GUADELOUPE

DIRECTION DE L’ENVIRONNEMENT ET DU CADRE DE VIE

Monsieur le Préfet de région,

Monsieur le Président du Conseil Exécutif de Corse,

Monsieur le Président de l’Assemblée de Corse,

Madame la Conseillère exécutive en charge de l’Energie, chère Maria GUIDICELLI,

Chers amis élus en charge de l’énergie, Daniel CHOMET de la Martinique et Alin GUEZELLO de la Réunion,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs, 

Permettez-moi tout d’abord de transmettre à la Corse, de vous transmettrele salut amical et fraternel de la Guadeloupe et en particulier de sa présidente Madame Josette BOREL-LINCERTIN. Madame la présidenteavait prévu d’être parmi nous aujourd’hui pour témoigner de l’intérêt et de l’importance qu’elle attache non seulement au sujet qui nous rassemble aujourd’hui mais aussi au réseau formé par nos différentes îles.

En nous  recevant à ce salon Energîles en tant qu’invité d’honneur, vous nous offrez l’occasion de présenter notre stratégie énergétique devant les représentants du peuple Corse, devant l’ensemble des acteurs responsables du secteur de l’énergie dans nos îles pour discuter des orientations pour l’avenir. Que répondre d’autre sinon que de dire que l’honneur est pour nous et que nous vous en sommes reconnaissants.

Je salue aussi mes amis représentant les régions de la Martinique et de la Réunion.

Cela fait déjà près de trois ans que la Collectivité territoriale de Corse, les régions Guadeloupe, Martinique et  Réunion se sont regroupées au sein du réseau dénommé PURE AVENIR pour travailler sur les thématiques de promotion des énergies renouvelables, de maîtrise de l’énergie et au-delà , pour défendre ensemble nos intérêts communs dans le domaine.

La région Guadeloupe estime qu'ainsi rassemblées, que la Corse et les régions d’outremer, pourront mieux faire entendre leur voix auprès des autorités nationales et européennes , afin de faire reconnaitre leurs spécificités communes liées à leur situation insulaire de Zones Non Interconnectées aux grands réseaux électriques.

Je le redis encore avec force : Il ne s’agit pas seulement de faire reconnaitre et prendre en compte je ne sais quelles difficultés et contraintes qui sont pourtant réelles. Il s’agit surtout de faire comprendre que par l’ampleur du territoire que nous couvrons, par le rayonnement que nous pouvons avoir dans nos aires géographiques respectives, par la variété des ressources en énergies renouvelables dont nous disposons, nous sommes une richesse pour nous mêmes et l’Europe. Nous sommes des laboratoires d’expérimentation naturels pour les entreprises qui demain voudront investir le marché tropical, le marché méditerranéen, les marchés insulaires. Sur des petits territoires comme les nôtres, peuvent être expérimentées les solutions qui seront ensuite dupliquées à plus grande échelle.

Il y a donc là des opportunités de développement d’activité et d’emploi pour nos territoires en valorisant nos ressources propres. C’est aussi des opportunités pour tous ceux qui comprendront l’intérêt de venir expérimenter, développer avec nous dans des conditions privilégiées de nouveaux produits qui pourront ensuite être diffusés à l’export sur des marchés dont les conditions sont comparables aux nôtres.

Nous pensons en outre que chacune de nos régions a beaucoup à gagner à profiter de l’expérience acquise par ses partenaires. Isolés, nous ne pouvons pas tout faire. A titre d’exemple, pour les territoires insulaires disposant d’énergie solaire en abondance, la question du stockage est prioritaire : Nous suivons avec intérêt le projet MYRTE de stockage d’hydrogène que vous développez. Nous découvrirons avec beaucoup d’intérêt la démarche de l’île d’El Hierro aux Canaries avec sa station de transfert d’énergie par pompage. 

De notre côté, nous sommes intéressés à partager notre expérience, les résultats du travail que nous avons mené dans le cadre de notre habilitation à faire la loi et le règlement dans le secteur des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie. Nous le faisons avec la Martinique qui a depuis aussi obtenu cette habilitation.Nous avons ainsi élaboré une des premières réglementations thermiques du bâtiment en milieu tropical à partir de la méthodologie RT 2012.L’habilitation à faire la loi et le règlement est un outil adapté à nos territoires insulaires et pourrait être étendue à tous dans le cadre du projet de loi de décentralisation en préparation.

 

Le débat national pour la transition énergétique est une illustration supplémentaire de la nécessité de nous regrouper pour faire des propositions communes et nous faire entendre au niveau national. Ce débat est un impératif et nous savons gré au gouvernement de l’avoir lancé. Cependant face à l’importance des enjeux économiques nationaux liés à l’éventuelle sortie du nucléaire, à la nécessité d’un prix maitrisé de l’énergie pour préserver la compétitivité des entreprises, aux questions nouvelles liées au développement des marchés du charbon et au prix du gaz en Europe, au coûts de développement des grands réseaux de transport d’énergie, il y a un réel danger que les problématiques énergétiques des Zones Non Interconnectées soient oubliées.

Pourtant le traitement de ces questions énergétiques est une condition de notre développement.

L’élaboration récente des SRCAE sur lesquels nous avons échangé ici-même en octobre 2012 a permis dedresser un constat plus que préoccupant : Nos territoires restent largement dépendants des énergies fossiles.  Notre système électrique est de fait extrêmement vulnérable.

Vulnérabilité accrue par l’insularité, l’absence de ressources énergétiques fossiles et la faible taille de nossystèmes électriques.

Ces contraintes entraînent trois conséquences majeures : 

• Des prix élevés de l’énergie finale supérieurs à ceux pratiqués dans des pays continentaux : prix compensé grâce à un mécanisme national de péréquation, mais dont la réalité est bien souvent méconnue de notre population ;
• Une exposition plus forte aux variations de prix : le contexte mondial nous le rappelle régulièrement ;
• Une qualité de l’énergie dégradée notamment pour l’électricité.

Cette vulnérabilité est accrue par un rythme de croissance des consommations d’énergie très élevé.

Face à ces enjeux, les territoires se sont fixés deux grandes priorités : promouvoir les énergies renouvelables et développer notre efficacité énergétique, afin d’atteindre à l’horizon 2020, 50% d’autonomie énergétique. Objectif fixé par le Grenelle de l’environnement.

Atteindre cet objectif suppose que nous mobilisions tous les outils à notre disposition. Il suppose aussi une mobilisation de l’ensemble des acteurs locaux. Je crois que nous y sommes tous arrivés. Il nous faut aujourd’hui le faire avec les acteurs nationauxinstitutionnels et socioprofessionnels autour d’objectifs communs mais surtout avec une méthodologie partagée par tous et encore une fois dans le cadre d’un dialogue responsable.

C’est le sens de la mission que nous avons mené ensemble à Paris début mars où nous avons rencontré les services centraux de l’Etat, la CRE, EDF, les syndicats professionnels. C’est aussi dans ce sens que nous avons rédigé la contribution commune sur laquelle nous continuerons à travailler avant de la remettre au secrétariat du débat national sur la transition énergétique. Les propositions que nous faisons sont à notre sens indispensables pour nos territoires mais aussi pour contribuer de manière significative à la transition énergétique nationale.

Devant le travail réalisé ensemble, je ressens évidemment une grande fierté, tout comme je l’imagine, ceux qui se sont impliqués dans ce dossier. Mais, dans notre esprit, je le sais, il ne s’agit aucunement d’un aboutissement, mais plutôt d’une étape qui en annonce d’autres tout aussi fructueuses.

Il est un sujet sur lequel nous souhaitons vous proposer de travailler ensemble, c’est celui de l’ingénierie financière. Isolés nous sommes trop petits pour avoir accès aux enveloppes de prêt que de grandes institutions telles que la BEI accordent au secteur des énergies du fait de la taille de ces enveloppes et de leurs délais d’utilisation. Hors la question de l’accès au crédit à des taux bonifiés est une vraie difficulté pour nos entreprises et constitue un facteur limitant pour le développement de nouveaux projets. Plusieurs régions métropolitaines l’ont fait mais nous n’avons pas leur taille et l’importance de leur tissu industriel. Dès lors, pourquoi ne pas nous regrouper pour pouvoir mobiliser ces ressources financières et en répartir l’utilisation entre nous au profit de nos entreprises et pour attirer de nouveaux projets ?

Je crois donc pour finir, Mesdames et Messieurs, que nous devons progresser dans le cadre de notre collaboration et développer ensemble de nouveaux projets y compris avec les autres territoires insulaires présents à ce salon et que je salue.

Nous espérons que ce travail nous amènera à vous recevoir prochainement en Guadeloupe et que nous serons à la hauteur de l’accueil que vous nous faites.

Je souhaite un bon travail à tous pour ces trois prochaines journées et un plein succès au salon Energîles et vous remercie de votre attention.

Jocelyn SAPOTILLE

1er Vice-Président du

Conseil régional de Guadeloupe